Historique

 

 

Prostitution à Charleroi

 

La prostitution a toujours existé à Charleroi. Le triangle, quartier chaud de Charleroi ville basse, est constitué de trois rues: rue Desandrouin, rue du Moulin, rue de la Fenderie.

 

 

Jusqu'à la fin des années 90, la prostitution dans les bars étaient extrêmenent répandue.

Aujourd'hui, la prostitution de rue est l'activité dominante. 

Le Triangle était alors un quartier à forte mixité sociale avec une intense activité, de jour comme de nuit.

 

Si la majorité de la prostitution est féminine, elle concerne aussi des hommes et des transsexuels.

Avant mai 2002, la prostitution à Charleroi se partageait entre une prostitution de bar et une prostitution de rue.

 

Suite aux résultats des travaux de la "Commission sur la traite des êtres humains", demandé par le Centre  pour l'Egalité des Chances, le Conseil Communal vote le 30 mai 2002 un règlement interdisant l'ouverture ou réouverture d'établissements (bars) sur le territoire de Charleroi et limite les bars à trois rues: rue Desandrouin, rue du Moulin et rue de la Fenderie (le "Triangle").

S'en suivront une désertification et une dégradation du quartier.

La prostitution de rue va alors se développer davantage.

La mixité sociale, bien présente auparavant, disparaît.

 

Afin d'améliorer son image et de favoriser un redressement économique, la ville lance les projets "Phénix"  et "Rive Gauche" en 2007-2008.

Le premier vise à redessiner tout un plan de la Ville Basse dont  le réaménagement du triangle. Le second est dédié à la création d'un centre commercial 

 

La prostitution dans le triangle devenait ainsi pour les autorités communales incompatible avec les projets de rénovation.

 

Le 20 septembre 2010 , un  engagement  unilatéral signé par le  Conseil Communal de la Ville de Charleroi avec la SA Engelstein (qui a racheté une partie du quartier de la Ville Basse) exige la suppression de la prostitution de rue sur le territoire de Charleroi Ville Basse.

 

Les associations de terrain, dont nous faisons partie, se mobilisent car elles craignent le développement d'une prostitution clandestine et par ce fait perdre le lien avec les personnes qui en ont le plus besoin.

 

Dans un même temps, la prostitution de rue se propage dans d'autres quartiers de la Ville Basse (rue Léopold, quai de Brabant, quai de Flandres,... ).

 

Malgré les mobilisations du public concerné et des associations, un arreté communal sera voté le 27 juin 2011, et interdira toute prostitution dans le quartier du Triangle ainsi que dans la  rue Léopold et le long des quais.

Il proposera de déplacer l'activité des prostituées à la rue du Rivage, Quai de Flandres, derrière la cité des finances et le TEC.

Ce règlement impose un horaire très strict et des arrestations administratives .

 

Le constat ne se fait pas attendre, l'isolement de ce nouveau lieu de prostitution  augmente l'insécurité pour les personnes prostituées. 

Les femmes craignent ainsi d'être confrontées à des situations plus dangereuses encore que dans le quartier du Triangle au sein duquel une certaine vigilance collective était possible.

De plus, de nouveaux problèmes liés à l'organisation et au contrôle de l'activité prostitutionnelle verront le jour.

Un nouveau Règlement Communal sera d'application le 1er décembre 2014.

Son article 3  stipule :

"La seule présence sur la voie publique des personnes se destinant activement à la prostitution (prostitution dite de rue) est interdite sur l’ensemble du territoire communal."